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Quelques repères
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23 août 2008 14h à 23h
LES ARTISTES DANS LA GUERRE
Journée histoire et musique / 90ème anniversaire de l’armistice à La Fontenelle
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Sur la colline de la Fontenelle, l’imposant monument en gré rose des Vosges, porte l’inscription «Aux grands soldats des Vosges, aux vaillants défenseurs du sol vosgien, le département reconnaissant»
Cette région, où le front se stabilise dès le début de la guerre connaît de très meurtriers combats durant quatre ans et demi. Guerre de mines et de sapes, coups de mains, firent de nombreuses victimes, souvent dans des corps à corps effroyables.
Le festival est une manifestation artistique et il nous est apparu naturel de consacrer un moment d’histoire à quelques écrivains et artistes, peintres, sculpteurs ou musiciens, connus ou oubliés, qui, par leur sensibilité, donnent une lecture particulière de ce conflit.
Dans les lieux symboliques de la Fontenelle et du Ban de Sapt se dérouleront conférences, visites accompagnées puis concert lors de cette journée du 23 août.
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Nécropole nationale de La Fontenelle
Ban de Sapt
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LES ARTISTES DANS LA GUERRE
Conférences
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1/ « Introduction à la guerre dans les Vosges »
Yann Prouillet historien
La visite du champ de bataille et du sentier de mémoire de la Fontenelle, de la nécropole aux hameaux détruits, sera le prétexte à une évocation de quelques artistes «vosgiens», de Louis Guingot, inventeur du camouflage et peintre de l’école de Nancy, de Sartorio, sculpteur qui inaugura le défilé de la victoire du 14 juillet 1919 ou des frères Catelant, architectes dont les travaux au col de la Chipotte auront une résonance particulière sur les guerres dans les Vosges...
14 h - Départ nécropole de la Fontenelle visite du sentier de mémoire des Lignes de front et des hameaux détruits du Ban-de-Sapt.
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2/ « Charles Péguy, victime et prophète de l’Apocalypse »
Gilles Banderier - docteur ès-Lettres
La Première Guerre Mondiale fut, on le sait, meurtrière pour les écrivains français (Alain-Fournier, Pergaud, Apollinaire, …). Lorsque Charles Péguy mourut au front, dans les premiers jours du conflit (5 septembre 1914), ce n’était pas seulement un grand intellectuel qui tombait sous les balles ennemies. Dans de nombreux textes, Péguy avait diagnostiqué avec une impitoyable lucidité la crise de civilisation qui débouchera sur la Première Guerre Mondiale et dont sortira la modernité occidentale.
16h - salle communale
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3/ « La Grande Guerre, tombeau des élites lorraines ?»
Daniel Bontemps - historien
Si tous les milieux sont touchés par la guerre, les «élites» ont généreusement versé leur sang. Problématique, chiffres et exemples en donneront un aperçu.
17h - salle communale
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Requiem & Missa Pro Defunctis
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Requiem...XVe au XXe
Qu’elle se nomme messe de Requiem, missa pro defunctis ou missa defunctorum, la messe des morts est devenue au fil du temps l’une des plus complètes de l’Ordo qui régit la liturgie des différents jours de l’année.
Au plain chant ou grégorien du moyen âge succède la polyphonie de la renaissance. Les différentes sections de la messe des morts sont traitées sans dramatisme et traduisent les notions initiales de paix et de lumière. Parmi les plus connus des Requiem de cette période, retenons celui d’Eustache du Caurroy chanté traditionnellement aux funérailles des rois de France, celui de Thomas Luis de Victoria considéré comme l’un des plus importants.
Au XVIIe siècle, l’entrée en scène de l’orchestre donne à la messe des morts une ampleur jusque là inconnue. Les instruments apportent une puissance suggestive inégalée. Au XVIIIe siècle, le Requiem sont traités comme des concerti ou des symphonies, avec solistes, orchestre et chœurs.
Le romantisme du XIXe transforme profondément l’esprit du Requiem : la liturgie laisse la place au concert. La messe des morts devient une sorte d’oratorio. Des éléments dramatiques sont introduits pour traduire les terreurs du Jugement dernier. Les exemples les plus significatifs sont certainement les Requiem de Berlioz et de Verdi. Certaines œuvres abandonnent complètement les séquences de la liturgie. Le Requiem allemand de Johannes Brahms refuse le recours aux textes liturgiques mais utilise des textes bibliques.
Au XXe siècle, la forme du Requiem éclate dans toutes les directions. Les références liturgiques ou religieuses sont parfois totalement absentes ; seule subsiste alors le regard du compositeur en direction de la condition humaine. Certains compositeurs, notamment en France, réagiront en redonnant au genre sa dimension Liturgique et en réintroduisant l’idée de paix et de lumière contenue dans le titre. Citons notamment le magnifique Requiem de Gabriel Fauré ou celui de Maurice Duruflé typiquement grégorien.
Le Requiem continue de bénéficier d’un vif intérêt. Commémoration d’un être cher disparu ou conjuration d’un danger présent ou à venir, les occasions ne manquent pas pour rechercher l’apaisement dans l’émotion suscitée par le genre musical.
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Parmi les musiciens majeurs de cette période de guerre, Debussy et Ravel s’imposent incontestablement. Leur engagement dans le conflit sera fait de trajectoires différentes.
En 1914, Claude Debussy, trop âgé pour faire la guerre, est malade. Parfois qualifié de nationaliste, il supporte mal cette tuerie incessante. Au terme de sa vie, il semble saisi par un besoin immense de création. Naissent alors des œuvres importantes dont celles que vous entendrez dans l’église du Ban de Sapt. Les douze études, composées dans la tradition de Chopin et Liszt, s’attaquent chacune à une difficulté pianistique particulière, aboutissement d’une vie de création d’un des plus grands compositeurs français. Debussy meurt le 25 mars 1918, dans l’indifférence des hommes et de leur guerre qui le minait et dont il ne verra même pas la fin.
Maurice Ravel, malgré une santé fragile, réussit à s’engager et gagne le front à Verdun.
Malade puis démobilisé, la mort de sa mère en 1917 le plonge dans une profonde mélancolie. Le tombeau de Couperin est une suite de six pièces pour piano, hommage à François Couperin et plus largement la musique française.
Composée entre 1914 et 1917, le caractère apaisé de l’œuvre contraste étrangement avec la période tourmentée qu’il traverse alors. Ces pièces sont dédiées à des amis du musicien disparus au combat.
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Deux musiciens dans la guerre
RAVEL | DEBUSSY
Le Tombeau de Couperin - M. Ravel
Douze études | C. Debussy
Soliste.
Remi Masunaga piano
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