Festival des Abbayes en Lorraine 2010
Fondation Orange

Avec le soutien de la
Fondation Orange

Festival des Abbayes Conférences
vous recherchez...
AUX ETOILES / AN DIE STERN 
LE CHOEUR DE CHAMBRE DES CRIS DE PARIS

Musiques romantiques a cappella d’inspiration sacrée

Les conférences de l'après-midi | 17h00 | entrée libre
voir détail

Une conférence sur le textile dans les Vosges

Samedi 23 juillet | Abbaye de Moyenmoutier | 21h00
Réservation

Les temps sacrés - Les temps profanes

aux étoiles - an die stern
Robert Schumann (1810-1856) / Quatre chants pour double chœur opus 141 (poèmes de Rückert, Von Zedlitz et Goethe)
Peter Cornelius (1824-1874) / Requiem (poème de Friedrich Hebbel)
Johannes Brahms (1833-1897) / Fest und Gedenk-Sprüche opus 109
l'inspiration sacrée et la fin du romantisme allemand (1849-1912)
Philippe Fénelon (1952)
Dix-huit Madrigaux - 1995-1996
O Bäume Lebens (d'après des poèmes de Rainer Maria Rilke)
Max Reger (1873-1916)
O Tod, wie bitter bist du, opus 110/3 - 1912 / versets issus du Siracide (Ancien Testament)
Hugo Wolf (1860-1903) / Geistliche Lieder [chants sacrés] - 1881 (poèmes de Joseph von Eichendorff)
Arnold Schönberg (1874-1951) / Friede auf Erden opus 13 (poème de Conrad Ferdinand Meyer)

Cris de Paris

Les CRIS DE PARIS

En deux décennies, le panorama choral français a connu un bouleversement spectaculaire. Ce renouveau est marqué par l’avènement de chœurs professionnels, concentrant l’expression vocale dans un effectif resserré et organique où chaque voix se fait soliste.
Dans ce paysage recomposé, Les Cris de Paris font figure de modèle et… d’électron libre, cultivant un esprit de folie et multipliant les programmes originaux et audacieux, loin du «prêt à chanter».
Créé par Geoffroy Jourdain en 1998, et professionnalisé en 2005, Les Cris de Paris interprètent le répertoire vocal polyphonique du début du XVI° siècle à nos jours. Cet ensemble réunit une trentaine de chanteurs, curieux et passionnés, en particulier par la création contemporaine. Son projet artistique puise son dynamisme dans la diversité des profils artistiques des chanteurs qui le composent : directeurs d’ensembles, chefs de choeur, compositeurs, arrangeurs, comédiens chanteurs, pédagogues... Tous ont choisi de mettre leur complicité et leur énergie au service d’expériences musicales et scéniques innovantes.
C’est dans l’élaboration originale de programmes « mixtes », dans le sens où ils intègrent des oeuvres d’époques et de genres différents, avec des effectifs variés, que les Cris de Paris s’illustrent le plus fréquemment en concert. Leur insatiable curiosité les amène également à se jouer des frontières qui délimitent le territoire de la musique dite « classique », et à réinventer les formes traditionnelles de la diffusion du spectacle vivant et des supports enregistrés.
A l’automne 2008, ils remportent à l’unanimité du jury le Prix Audi Talents Awards pour le spectacle musical La La La – Opéra en chansons, joué au Théâtre de Cornouaille en janvier 2010 et mis en scène par Benjamin Lazar.
Plus récemment, Les Cris de Paris se sont illustrés sous la direction de Geoffroy Jourdain dans Cachafaz, d’Oscar Strasnoy et mis en scène par Benjamin Lazar.


Soprani : Mathilde Bobot, Cécile Coulomb, Judith Derouin, Cécile Larroche, Clothilde Sebert, Camille Slosse, Michiko Takahashi, Amandine Trenc
Alti : Anne-Lou Bissières, Aurore Bouston, Pascale Durand, Anne-Fleur Inizan, Maria Kondrashkova, Pauline Leroy, Emilie Nicot, Antoine Strub
Tenors : Camillo Angarita, Karim Doulaki, Loup-Denis Elion, Christophe Gires, Antoine Jomin, Mathieu Marinach, Emmanuel Richard, Xavier Stouff, Yann Vergeot, Laurent Virmontois
Basses : Elias Benito, Emmanuel Bouquey, David Colosio, Simon Dubois, Mathieu Dubroca, Olivier Gal, Pascal Gourgand, Vincent Manac’h, Léonard Mischler
Surtitrage : Mickaël Bréant
Geoffroy Jourdain

Geoffry JOURDAIN direction


Parallèlement à des études de musicologie en Sorbonne et à des recherches dans les fonds musicaux italiens de plusieurs bibliothèques européennes, Geoffroy Jourdain s’implique très tôt dans la direction d’ensembles vocaux en se formant auprès de Patrick Marco, de Pierre Cao, et dans le cadre de masterclasses, en France comme à l’étranger, avec Michel-Marc Gervais, Daniel Reuss, Stefan Parkman, Anders Eby…
Il obtient en 1998 le Certificat d’Aptitude à l’enseignement du chant choral.

Appelé dès 1998 à collaborer avec Laurence Equilbey, il co-dirige jusqu’en 2010 le jeune chœur de Paris, centre de formation pour jeunes chanteurs, département du CNR de Paris.
Pendant huit années (2002-2010), il partage également avec Didier Bouture la direction du Chœur de l’Orchestre de Paris.
Il est le fondateur et directeur musical du chœur de chambre professionnel Les Cris de Paris, de plus en plus présent sur la scène européenne, et particulièrement impliqué dans la création contemporaine. Cet ensemble est actuellement en résidence à la Fondation Royaumont, où Geoffroy Jourdain s’implique dans de multiples projets.

Ses diverses fonctions ont amené Geoffroy Jourdain à collaborer étroitement avec de nombreux orchestres et ensembles, sous la direction de Pierre Boulez, Sylvain Cambreling, Christoph Eschenbach, Rafael Frühbeck de Burgos, Philippe Herreweghe, Richard Hickox, Paavo Järvi, Marek Janowski, René Jacobs, Guennadi Rozhdestvensky, Esa Pekka Salonen…

En compagnie de Benjamin Lazar, il crée en 2008 « La la la – opéra en chansons », et en 2010, « Cachafaz » d’Oscar Strasnoy, d’après Copi.
En mai 2011, invité par l’Atelier lyrique de l’Opéra Bastille, il dirige Orphée et Eurydice de Glück dans une mise en scène de Dominique Pitoiset et Stephen Taylor.

Il est à l’initiative de nombreuses commandes, et a notamment dirigé les créations d’œuvres de Marco Stroppa, Ivan Fedele, Philippe Hurel, Edith Canat de Chizy, Igor Ballereau, Vincent Manac’h…

Geoffroy Jourdain est lauréat 1999 de la Fondation Marcel Bleustein-Blanchet et lauréat 2000 de la Fondation de France (prêt d’honneur Marc de Montalembert)

A PROPOS :

An die Sterne, la trajectoire d’une tradition.


En réunissant les œuvres chorales sans doute les plus symptomatiques du romantisme germanique, Les Cris de Paris donnent à entendre le cheminement singulier d’une tradition chorale qui frappe par sa continuité : Robert Schumann, Johannes Brahms, Peter Cornelius, Hugo Wolf, Max Reger et Arnold Schönberg ; des compositeurs qui se croisent et se lient, s’opposent et se relaient, se nourrissant pour la plupart à une tradition séculaire remontant au XVIIème siècle, par le choix même du genre choral mais également par des « signatures stylististiques » spécifiques comme l’alternance du double-chœur ou le contrepoint.

Cet intérêt pour le genre choral s’étoile tout d’abord vers une pratique assimilée au quotidien des populations allemandes. Dès le début du XIXème siècle, les sociétés chorales se multiplièrent dans différentes strates du tissu social germanique, chœurs spécifiquement masculins ou féminins, plus généralement rassemblés autour d’une identité de corporation ou de quartier. Evoquons l’activité des chœurs d’ouvriers jusqu’aux années 1930, comme par exemple Freie Typographia (Chorale des imprimeurs et typographes de Vienne) que dirigea Anton Webern et avec lequel il donna en novembre 1928 le Friede auf Erden de son ami et ancien maître Arnold Schönberg. Des décennies plus tôt, Schumann et Brahms s’investissaient déjà dans le développement et la direction de ces communautés chorales, et composèrent à leur intention un répertoire « in situ », en explorant de l’intérieur les mécanismes spécifiques.

Ces rassemblements prennent une signification encore plus forte lorsqu’on les replace dans le contexte d’états allemands éclatés que la poigne d’un Otto von Bismark unifiera en 1871. De ce point de vue, le chœur cristallise une identité tangible. Autre manifestation troublante de ce désir de circonscrire une empreinte culturelle cohérente, la redécouverte du répertoire ancien s’épanouit au XIXème siècle avec, entre beaucoup d’autres démarches, l’édition de la Bach Gesellschaft, sous l’initiative de Schumann, ou encore les ouvrages du musicographe et musicologue Philipp Spitta, ami de Brahms, auteur de la première grande biographie consacrée à Bach, éditeur de Dietrich Buxtehude et de Heinrich Schütz. On rappellera qu’une œuvre aussi marquée que Les Maîtres-Chanteurs de Nuremberg de Richard Wagner, créée en 1868, est très exactement contemporaine de ces initiatives.

Toutes les œuvres de notre programme se souviennent des pères fondateurs qu’on redécouvre alors. L’opus 141 de Schumann et l’opus 109 de Brahms adoptent ouvertement une écriture en double-chœur, rappelant l’alternance des Cori Spezzati vénitiens que Schütz apporta en terre germanique, magnifiée dans les Psaumes de David de 1619. La fascination de ces mêmes compositeurs pour l’écriture contrapuntique les inscrit toujours dans ce sillage, cet outil compositionnel étant propice à leurs recherches continuelles dans l’élaboration de formes, de textures et d’un langage harmonique nouveau. On sera ainsi frappé par la cohérence qui lie les Quatre chœurs opus 141 de Schumann, les Fest und Gedenksprüche opus 109 de Brahms, le Requiem de Cornelius, le O Tod, wie bitter bist Du opus 110 n°3 de Reger et le Friede auf Erden opus 13 de Schönberg, entre autres par la permanence du canon ou de la complémentarité d’une alternance spatialisée. Et, en filigrane, l’ombre de Johann Sebastian Bach, toujours actuelle, « la fin et le commencement de toute musique » selon Max Reger.

Ces œuvres s’agencent de manière encore plus significative autour de la poétique du geistliches lied ou chant d’inspiration sacrée, qui s’exprime ici en différents poèmes de Rückert, Goethe, Hebbel ou Meyer ainsi que quelques textes bibliques « déplacés » dans un espace musical non-liturgique. Cette sphère religieuse ouvre un espace où la voix communautaire peut se rassembler autour d’une foi (Cornelius, Reger), d’une nation (Brahms) ou d’une vision plus largement humaniste (Schönberg).

Des alternances « schütziennes » qui marquent les opus de Schumann, Cornelius et Brahms à l’empreinte indélébile du choral luthérien dans O Tod de Reger, de la langueur élégiaque des lieder de Wolf à la jubilation contrapuntique de Friede auf Erden, la cohérence de ce programme souligne pourtant l’évolution de cette tradition partagée, vers les prémisses d’une modernité bien de son temps. A l’achèvement de Friede auf Erden en mars 1907, Schönberg était prêt à franchir le miroir de la tonalité pour explorer « l’air d’autres planètes ». L’étoile avait trouvé sa nouvelle trajectoire, en dévidant le fil d’une tradition.

Vincent Manac’h.

Passionnés par la création contemporaine, les Cris de Paris aiment à faire partager leur conviction que les répertoires d'aujourd'hui doivent être appréhendés dans le prolongement de la tradition classique pour être appréciés à leur juste valeur et échapper à la tentation des élitismes.

L'insertion d'un madrigal de Philippe Fénelon dans ce programme obéit à cet état d'esprit. Il octroie à chacune des œuvres ici interprétées son statut d' oeuvre vivante et la prive heureusement d'un dommageable statut d'objet d' antiquité.

Les Elégies de Rilke constituent le sommet de l’oeuvre du poète. Conçues dans un silence presque ininterrompu de 1912 à 1922, elles forment une ample méditation sur la fragilité de la vie humaine.

Jean-Yves Masson commente : "Les Elégies tentent de fonder par la poésie une nouvelle religion à l’image des mystères antiques. (...) Au confluent des traditions de la musique sacrée et de la musique profane."

Le travail mené par le compositeur Philippe Fénelon sur cet exceptionnel corpus poétique nous semble en parfaite complicité avec celui des auteurs plus anciens présentés dans ce programme.

CONFERENCES D'AVANT CONCERT

Présentation de l'année 2011 : Les temps modernes
Concert associé : aux étoiles - an die stern / Les Cris de Paris le concert>>>

Samedi 23 juillet | Moyenmoutier | 17h00 | entrée libre

LE CHOIX MUSICAL 

Le dix-neuvième romantique est le fait de grands artistes, musiciens, peintres,mais les poètes en sont à l’origine même. Ce soir ils seront réunis dans un programme enthousiasmant interprété par l’un des ensembles les plus remarquables aujourd’hui en France.

Pour ce nouveau programme, Geoffroy Jourdain rassemble une sélection des plus grandes œuvres a cappella des XIXe et XXe siècles. Situées à mi-chemin entre l’exaltation romantique et la mélancolie post-romantique, elles explorent un répertoire décalé, composé d’œuvres profanes inspirées par de grands textes sacrés. Une rencontre enthousiasmante, où la poésie intime de Rückert, Von Zedlitz ou Goethe côtoie la musique vocale des compositeurs les plus emblématiques d’une tradition musicale nourrie par l’expressivité et l’engagement.

illustration : Frederic Edwin Church (1826-1900)
Cross in the Wilderness / Thyssen-Bornemisza Collection (Madrid, Spain)

Naissance du textile dans les Vosges | Rapenne Daniel conférencier, ancien directeur général d'entreprise.



autres saisons





Chant a capella
Abbaye de Moyenmoutier
samedi 23 juillet | 21h00
durée : 1h30 ~
>> voir
5 à 22 - pass & réduc.
Photo(s) libres de droit
Geoffroy Jourdain Cris de Paris Cris de Paris
Lien(s)
>> Les Cris de Paris
conférence(s)
2 -
Moyenmoutier / 17h00