Gioacchino ROSSINI
1792 · 1868

Petite Messe solennelle
Messe pour 4 solistes, 12 chanteurs, piano et harmonium

Gioacchino Antonio Rossini est né à Pesaro en 1792.

Né d’un père corniste et d’une mère cantatrice de théâtre, Rossini est élevé dans une ambiance musicale et nomade.

Ses parents souvent absents le confie à un charcutier de Bologne qui lui fait donner des leçons de musique. A treize ans, il trouve des petits emplois comme chantre ou comme instrumentiste à l’église et au théâtre. Il parfait ses connaissances au lycée musical de Bologne.

En 1804, sans avoir jamais pris de leçons de composition, Rossini écrit six sonates. Quelques années plus tard, il écrit une série d’aria qui deviendront un opéra Demetrio e Polibio représenté en 1812.

A dix-huit ans, il compose des pièces pour un théâtre de Venise spécialisé dans les opéras bouffes.Sa richesse d’inspiration et sa vivacité lui permettent d’écrire des partitions dans des temps record. Grâce au succès de La cambiale di matrimonio, Rossini est réclamé par les grands théâtres du nord de l’Italie.

Le vice-roi d’Italie, Eugène de Beauharnais, décide de lui-même, d’exempter Rossini de la conscription afin de ne pas priver le public d’un tel talent.

En 1812 et 1823, à vingt ans, il compose sept chef-d’œuvres, notamment L’échelle de soie, Moïse en Egypte, L’occasion fait le larron.

Les succès s’enchaînent ponctués cependant de quelques échecs.

En 1815, Rossini accepte la direction musicale du théâtre San Carlo de Naples. Il y restera sept ans. En 1816, il fait représenter à Rome sa dernière œuvre, le Barbier de Séville, qui, malgré une première houleuse, obtiendra rapidement un immense succès et deviendra dans toute l’Europe l’opéra comique le plus populaire de tous les temps. D’autres succès suivront, Cendrillon, La pie voleuse.

Las des critiques relatives à ses innovations, Gioacchino Rossini quitte l’Italie. Il séjourne quelques mois à Vienne où il rencontre Beethoven, puis part à Londres. Il rejoint ensuite Paris où il accepte la proposition de Charles X et devient inspecteur du chant et co-directeur de l’Opéra italien. Il s’engage à écrire un œuvre par an pour l’Opéra de Paris.

Il adapte au goût français certaines compositions antérieures et crée en 1829 Guillaume Tell dont le succès fut mitigé.

La révolution de 1830, la notoriété croissante de compositeurs comme Meyerbeer, Donizetti, Bellini, un état d’épuisement physique du à son travail acharné le poussent à abandonner ses fonctions. Avant de quitter Paris en 1836, il écrit son stabat mater.

Il retourne à Bologne puis Florence. Sa santé rétablie, Rossini revient à Paris en 1855 et y restera jusqu’à sa mort.

Rossini n’écrit plus pour l’opéra. Il se consacre à une vie mondaine et reçoit chez lui le Tout Paris littéraire et les compositeurs français tels que Saint-Saens, et étrangers, Liszt, Wagner. Dans ses réceptions, il offre des dîners somptueux où souvent il officie lui-même en cuisine.

Il joue un rôle de premier plan dans la vie musicale française.

Rossini continue cependant de se composer. Il écrit de nombreuses petites pièces qu’il appellera "ses péchés de vieillesse".

Giaocchino Rossini, né un 29 février, meurt le vendredi 13 novembre 1968. De somptueuses funérailles lui sont faites en l’église de la Trinité ; Dix-huit grandes vedettes du chant accompagnent les élèves du Conservatoire pour chanter la prière de Moïse.

La musique de Rossini est vive, gaie ; elle reflète l’amour de la vie et de la bonne humeur, puisant ainsi son inspiration dans la grande tradition de l’opéra-comique. Certains d’ailleurs ont vivement critiqué Rossini de ne pas s’être adonné au prétendu "genre noble", celui de la tragédie.

// La Petite Messe solennelle

"Bon Dieu…Est-ce bien de la musique sacrée que je viens de faire ou de la sacrée musique ? J’étais né pour l’opéra bouffe, tu le sais bien ! Peu de science, un peu de cœur, tout est là. Sois donc béni, et accorde-moi le Paradis !"


C’est ainsi que Rossini dédie au Créateur son "dernier péché mortel de vieillesse".


La petite messe solennelle fut crée à Paris le 14 mars 1864 dans l’hôtel particulier de son commanditaire, le conte Pillet-Will. Elle peut être considérée comme le testament musical du compositeur.

Il s’agit d’une œuvre contrastée, sérieuse et légère. Le titre en lui-même est un paradoxe.

Cette messe est écrite pour deux piano, un harmonium et "douze chanteurs des trois sexes - hommes, femmes et castrats" selon les indications de son auteur.

Outre sa forme et son instrumentation, l’œuvre est d’une grande richesse d’invention et manifeste une grande variété de sentiments : rythme obstiné et inquiétant du Kyrie, mouvement tragique du Crucifixus, optimisme retrouvé de l’Et Resurrexit, douceur du Sanctus.


sources . R. Absalon