Nicolas BACRI
W.A. MOZART
Franz SCHREKER
Ernst VON DOHNANYI
W.A. MOZART / J.-S. BACH



Wolfgang Amadeus MOZART
1756 · 1791

Le trio des quilles KV 498
Une journée chez les Jacquin


// Le trio des quilles KV 498 / W.A. MOZART


C’est au cours de l’été 1786 que Mozart composa ce trio dans l’ambiance chaleureuse de la maison viennoise de ses amis les Jacquin. La légende voudrait que cette oeuvre fût écrite au cours d’une partie de quilles, jeu que ce dernier appréciait fort.

Il s’agit d’une pièce pour clarinette, alto et piano, formation rare à cette époque.
Anton Stadler, clarinettiste et ami de Mozart fit découvrir à ce dernier deux ans auparavant toutes les possibilités de cet instrument récent.

Mozart appréciait la sonorité ondoyante et souple, proche de la voix humaine, de la clarinette qui devint l’instrument privilégié de sa musique.
Le trio des quilles possède une structure classique : Andante, Menuet, Rondo-allegretto.



Franz SCHREKER
1878 · 1934

Der wind


Compositeur austro-hongrois, Franz Schreker est né à Monaco en 1878.

Elève au conservatoire de Vienne,Il rencontra très vite le succès grâce à ses œuvres de jeunesse. Il fut rapidement attiré par l’opéra.

Non satisfait des livrets qui lui étaient proposés, il se lance dans l’écriture, à l’instar de Wagner. C’est ainsi qu’en 1912, le triomphe de der ferne Klang

( le son lointain) constitue le point de départ d’une des plus brillantes carrières de compositeur lyrique.

Grâce à ce succès, Sckreker est aussitôt nommé professeur au conservatoire de Vienne, poste qu’il gardera jusqu’à son départ pour Berlin en 1920.

A Berlin, il dirige la Hochschule für Musik jusqu’en 1932 où il est évincé par les Nazis.

Le succès de Franz Schreker est immense : il a autant de succès que Wagner et bien plus que Richard Strauss.

Mais à partir de 1927, le succès l’abandonne aussi rapidement qu’il lui a souri.

Dès 1933, le nouveau régime politique l’oblige à démissionner de ses fonctions et l’ensemble de son oeuvre est mis à l’index. Abattu par ces évènements, il meurt à Berlin en 1934.

S’il a consacré son talent principalement à l’opéra, Schreker a laissé quelques œuvres au concert, telle que la Kammerssymphonie pour 23 instruments.


// Der Wind


"Der Wind" fut écrit dans les premières semaines de 1909. L’œuvre est accompagnée d’un texte en prose de Grete Wiesenthal, artiste proche du peintre autrichien Gustav Klimt.

La première représentation de l’œuvre fut donnée à Vienne le 2 mars 1909 dans le cadre d’un programme mixte dont la première partie était consacrée à une opérette.

Il s’agit d’une dramaturgie sur le thème du vent où hurlements et colères alternent avec chuchotements et courts moments de calme.

La pièce était au programme d’une tournée musicale ; en se rendant à Paris pour répondre à une invitation, les costumes furent perdus. Dès lors la pièce fut déprogrammée.

Il n’est pas certain que la version originale de "Der Wind" était écrite pour une représentation concertante d’un quintette. Peut être était-elle destinée à une représentation avec mise en scène.



Nicolas BACRI
né en 1961

Symphonie n° 4 op. 49b "Sturm & Drang"


Nicolas Bacri est à Paris en 1961, il étudie le piano, l'analyse, l'écriture et la composition.

En 1983, il remporte un premier prix de composition du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et est nommé pensionnaire de l'Académie de France à la Villa Médicis à Rome.

De 1991 à 1993, il est pensionnaire de la Casa Velasquez à Madrid.

Il est en résidence depuis 1993 au domaine de La Prée dans l’Indre, où il co-organise les Rencontres Musicales de La Prée. Nommé en septembre 1995 premier compositeur en résidence de l'Orchestre Symphonique Français, il est depuis la dissolution de ce dernier compositeur en résidence de l'Orchestre de Picardie.

Parallèlement à son activité de compositeur, Nicolas Bacri a été délégué artistique du Service de Musique de Chambre de Radio-France de 1987 à 1991. Il a reçu des commandes du Ministère de la Culture, de Radio-France, de nombreux festivals et d'ensembles français et étrangers.

Dans un catalogue de plus d'une cinquantaine d'oeuvres, retenons quatre Quatuors à cordes, un Concerto pour violon, trois suites pour violoncelle seul et une Sinfonia da Requiem.


// Syphonie N°4 op. 49b, Symphonie classique "Sturm und Drang"


Pour clarinette, cor, violon, alto, violoncelle et piano.


L’œuvre présentée est une transcription réalisée en 2005 par Clémentine Meyer, violoncelliste de l’ensemble Capriccioso.

Composée en 1995 et 1996 en version orchestrale, Nicolas Bacri déclare : "C’est la première fois que je suis allé aussi loin dans l’adhésion aux formes classiques".

En effet, le compositeur rompt avec ses compositions précédentes à caractère chromatique sans les renier.

Le chef d’orchestre Louis Langrée demanda à Nicolas Bacri de composer une oeuvre en rapport avec le programme de symphonies " Sturm und Drang" (Orage et Passion) de Haydn, Mozart et Vanhal qu’il devait diriger.

L’intitulé des quatre mouvements de l’œuvre montre l’attachement du compositeur à ses prédécesseurs :


Allegro fuocoso / "Omaggio a Richard Strauss"

Arietta / "Omaggio a Igor Stravinsky"

Menuetto / "Omaggio a Arnold Schoenberg"

Finale / "Omaggio a Kurt Weill"



J.-S. BACH / W.A. MOZART
1685 · 1750 / 1756 · 1791

Adagio & Fugue



Ernst von DOHNANYI
1877 · 1960

Sextuor à cordes


Ernö Dohnanyi ou Ernst von Dohnanyi, pianiste, chef d’orchestre et compositeur hongrois, est né en 1877 à Poszony, aujourd’hui Bratislava.

Très doué pour la musique, il prend ses premières leçons auprès de l’organiste de la cathédrale de sa ville natale.

Il part ensuite poursuivre son apprentissage à Budapest auprès de grands professeurs.

Il donne son premier concert à neuf ans. A dix-huit ans, il est félicité par Brahms qui favorise la création à Vienne de sa première œuvre, un quintette avec piano.

Dohnanyi se lance dans une carrière internationale de pianiste.

Il devient professeur au conservatoire de Berlin en 1908 puis à celui de Budapest en 1914. Après la guerre, Dohnanyi est élu président de la société philharmonique de la capitale hongroise.

En 1948, il quitte Budapest pour raisons politiques et s’installe tout d’abord en Argentine puis en 1949 en Floride où il forme de nombreux pianistes et compositeurs.

Pianiste virtuose et compositeur, il a souvent été comparé à Rachmaninov. Tout en étant sensible à la musique viennoise et à celle des tziganes, il reste fidèle à l’esthétique de Johannès Brahms.

On lui doit des opéras, des pièces pour piano, des œuvres orchestrales dont trois symphonies.

Sa musique de chambre est encore peu connue.


// Sextuor à cordes


Sextuor pour piano, violon, alto, violoncelle, clarinette et cor en ut majeur op. 37

Ecrite en 1935 à Budapest et créée le 17 juin, l’œuvre est en 4 mouvements : Allegro appassionato, Intermezzo-Adagio, Allegro con sentimento et Finale : Allegro vivace, giocoso

L’Allegro introductif ne manque pas d’ampleur et reste d’humeur sombre, privilégiant le registre grave du piano. Une réexposition du thème nous mène à un climat instable, pré-mahlérien.

L’Intermezzo ne fait que renforcer les échos sinistres de l’introduction ; l’on croit reconnaître dans l’épisode héroïque, aux accents de marche, une réelle assimilation mahlérienne.

L’Allegro qui suit ramène l’optimisme et l’atmosphère des partitas classiques, de Haydn à Mendelssohn.

L’Allegro vivace, enchaîné, ne manque pas d’humour et parodie les effluves du jazz à la mode en ces années 30. Cette fois, clarinette et piano-ragtime mènent le jeu sur les "reprises", d’une veine parodique délicate, du trio à cordes.

La partition s’achève sur une réexposition du thème initial de l’Allegro appassionato qui met en valeur l’ensemble des six instrumentistes, tout en gardant le sourire complice apparu lors de la douce mélopée syncopée, à l’imitation du jazz.


sources . R. Absalon