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Compositeur lorrain du XIXè siècle, injustement oublié, vraisemblablement en raison des affres de la première guerre mondiale, GOUVY est né à Goffontaine en 1819, à un moment où l’histoire a fait de cette partie de territoire suite au traité de 1815, une commune située en Sarre c’est-à-dire en Prusse.

GOUVY obtient sur sa demande la nationalité française à l’âge de 32 ans, de sorte que son statut d’étranger dans son propre pays lui ferma la porte définitivement du Conservatoire supérieur de Musique de Paris. Mais fidèle à sa patrie lorraine, il y composa la plupart de ses oeuvres. Il consacre le début de sa vie à écrire des symphonies (six), des trios (cinq) et des quatuors (onze). Après 1870, il compose des oeuvres chorales, tant sacrées que profanes. Cette musique vocale, le fait apparaître comme l’auteur influencé par les deux cultures allemande et française. Les Lieder allemands voisinent avec les mélodies, pratiquement toutes sur des poèmes de la Renaissance. Les choeurs d’hommes, s’adressent à l’Allemagne, de même que l’importante production d’oratorios de la seconde moitié de sa carrière :


quatre grandes oeuvres religieuses Stabat Mater op. 65, Requiem op. 70, messe Brève op. 72, Cantate du Calvaire) et quatre grands Oratorios inspirés des Tragédies Grecques : Oedipe à Colone, op.75, Iphigébie en Tauride op.76, Electre op.85, Polyxène op. 88). On ajoutera encore l’Ode au Printemps op. 73, et la cantate Egill op.86. Enfin GOUVY composa deux opéras, non représentés et restés inédits : le Cid et Mateo Falcone d’après Mérimée.




Sa musique instrumentale le montre respectueux des cadres formels classiques, et son écriture orchestrale demeure sobre et traditionnelle. Pour autant, sa musique ne manque pas d’inventivité ; en particulier son langage harmonique témoigne d’une belle liberté dans les modulations et dans l’utilisation notamment des notes de passage chromatiques



Sources : Harry Halbreich


“Qu’un musicien de l’importance de M. GOUVY soit encore si peu connu à Paris, et que tant de moucherons importunent le public de leur obstiné bourdonnement, c’est de quoi confondre et indigner les esprits naïfs qui croient encore à la raison et à la justice de nos moeurs musicales”

Hector Berlioz
Le Journal des Débats - 13 avril 1851

site internet à consulter : theodore Gouvy